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Mardi, décembre 16th, 2008 | Auteur: Aquineas

Un rapide coup d’oeil à travers les rideaux de la chambre nous indique que le soleil est au beau fixe encore une fois. Ca tombe bien car ce matin nous avons un rendez-vous en plein air avec…des dauphins.  Mais il n’est pas toujours facile de garder le morale. Aujourd’hui nous sommes rongés par l’inquiétude : l’appareil photo d’Alex ne montre que de faibles signes de vie, il est fébrile et ne prend plus de photos. Nous tentons d’oublier le drame qui se joue dans la poche de mon colloc, afin de profiter malgré  tout pleinement de la journée. Toujours à Grassy Key, nous commençons donc par le Dolphin Research Center (si ça c’est pas de l’intitulé pédant…), qui comme son nom l’indique s’est détourné de l’élevage des brassicacées sauvages à pois verts pour se concentrer sur l’étude des dauphins. Notre rendez-vous est à midi, mais nous arrivons un peu en avance afin de pouvoir visiter. Le centre élève plusieurs générations, certains ont été recueillis à la suite d’accidents en pleine mer, d’autres sont là depuis leur naissance et ont développé leur incroyable capacité d’apprentissage. En nous promenant dans le centre, nous passons devant le mémorial dédié à Flipper, le fameux héros de la série éponyme, qui a été éduqué à cet endroit.

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Avant d’aller nager avec les cétacés, nous prenons donc un peu le temps de les observer, et de les voir jouer avec leurs instructeurs : un signe de main, un coup de sifflet, un geste familier et l’animal reconnait instantanément la série de mouvements qu’il doit effectuer, allant de la pointe de vitesse, au saut périlleux, en passant par l’imitation de la nage façon requin, qui est très éloignée de la façon de nager des dauphins. Certains se sentent même transcendés par l’esprit de noël, et pour la modique somme de 35$, montent sur le petit ponton au côtés de la famille, et posent le temps d’une magnifique photo (non je n’utiliserai pas le mot kitshissime, celui-ci étant largement sous évalué pour décrire la scène) qui fera la joie de la famille dans les semaines à venir. L’histoire ne dit pas quel pourcentage des 35$ sont reversés aux dauphins pour couvrir leur suivi psychiatrique, ni si la crise économique pèse lourdement sur leurs fonds de pension. Quel bande d’être cupides ces dauphins…

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Finalement l’heure tourne et après un rapide cours sur « quelles sont les parties à ne pas tripoter sur un dauphin si on veut éviter de le rendre pas jouasse », c’est à nous de faire notre rentrée dans l’eau. Notre charmante hôtesse est une dame d’une cinquantaine d’année, nommée Thérésa (l’histoire ne dit pas quel est son avis sur les bidon ville de Calcutta). Elle n’a plus toute sa vue, et elle joue sûrement au Scrabble (ou l’équivalent avec des algues et quelques bigorneaux), mais elle est restée très joueuse et agile. Viens le moment de la première prise de contacte : la peau de l’animale est assez ferme et irrégulière, comme du caoutchouc. Puis chacun à notre tour, nous nous faisons tracter par Thérésa qui ne semble pas vraiment gênée par notre masse lors de son déplacement : sa puissante queue nous propulse rapidement à travers l’eau. La traversée est rapide et presque irréelle.

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Un geste de main de l’instructeur, et le dauphin plonge pour réapparaître en face de moi pour une poignée de main/nageoire. Thérésa est joueuse et se livre volontiers à des batailles d’eau, ou bien à diverses acrobaties. On vous explique même quels sont les signes à donner pour que le dauphin comprenne ce qu’on attend de lui. Avec un peu de doigté et de conviction dans le mouvement, cela vient assez facilement. Nous aurons le temps de patauger avec Thérésa quelques minutes encore avant de se séparer. Bon bien sûr elle ne fait que répéter ce qu’on lui apprend à longueur de journée, mais la rencontre est vraiment fantastique, et ses capacités d’apprentissage son impressionnantes. On a vraiment l’impression que l’animal prend énormément de plaisir lors de ces cabrioles. Que ce soit vrai ou non n’enlève rien à la magie de cette matinée.

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Mais nous ne nous laissons point attendrir, nous enfourchons à nouveau notre fier destrier (une magnifique Pontiac G6 obtenue après surclassement. Oui je sais tout le monde s’en fiche) et repartons vers l’Ouest sauvage. Rien ne nous effraie, nous partons au hasard et décidons de prendre les routes au petit bonheur la chance, le cœur ouvert à l’inconnue. Certes quand il n’y qu’une seule route d’accessible ça limite déjà pas mal les possibilités, mais quand même. Nous arrivons donc à Bahia Honda, qui se trouve être un state park. Le nom fait rêver, il sonne comme une noix de coco qui tombe sur une plage de sable fin, bordée d’une mer d’un bleu saphir, et il n’est pas usurpé. Nous arrivons vraiment dans un tel décor (on oublie cependant trop souvent de mentionner le parking de voitures situé à 10 mètres du cadre paradisiaque…), l’idéal pour nous reposer après cette matinée bien chargée. L’eau est toujours aussi bonne, et il semble que nous ayons réussi à semer nos amies les méduses pour un petit moment. Nous profitons donc de ce petit moment pour nous relaxer et prendre quelques photos de mode au bord de l’eau. De nombreux oiseau, cormorans, frégates, se posent sans crainte à quelques mètres des baigneurs. Il est aussi possible de voir nager des dauphins au large (selon les saisons j’imagine…nous n’en avons pas vu).

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Même si le cadre enchanteur pousse vraiment à la sieste, nous retournons sur la route afin d’arriver à Key west (l’île la plus occidentale de l’archipel) pour le coucher du soleil. Le trajet est toujours aussi monotone, mais il est difficile de rester indifférent en empruntant cette route qui passe plus souvent au dessus de l’eau que sur la terre. Nous arrivons à destination pile à l’heure pour profiter du spectacle : le coucher de soleil à l’ombre des cocotiers sur la plage. C’est l’heure à laquelle les places au nord ouest de l’île s’animent et se voient remplies de jongleurs, cracheurs de feu et autres artiste qui évoquent très bien le côté festif de Key west. Il ne reste plus qu’à profiter de la soirée dans l’un des nombreux bars de la ville. Les rues sont très animées le soir, et certains endroits sont réellement pittoresque, comme le « Cap’t Tony« , dont une grande partie de la décoration repose sur les centaines de paires de soutiens gorges accrochés aux poutres. Nous savourerons nos derniers mojitos en pensant que même si les 3 jours qui viennent de s’écouler ont été incroyablement riches en nouvelles expérience, demain sera notre dernier jour en Floride. Et en plus on a plus un rond.

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Samedi, décembre 13th, 2008 | Auteur: Aquineas

Après avoir frôlé une mort presque certaine dans les marais la veille, j’avais quelques doutes à l’idée de retourner dans les Everglades ce vendredi matin. Cette fois nous avions prévu d’entrer dans le parc national, qui présente l’intéressante qualité d’avoir une route aménagée qui traverse les grandes étendues d’eau. L’entrée est de 10$ par voiture, mais l’intérieur du parc est parfaitement aménagé (comme toujours dans les parcs nationaux américains) : des points d’eau, plusieurs visites guidées organisées par les rangers sont proposées, et si vous comptez vous débrouillez vous même, vous serez très chaleureusement aiguillés à l’accueil en fonction de ce que vous voulez voir.

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Nous avons rendez-vous pour de la plongé dans l’après midi, donc nous devons nous organiser pour ne pas être trop serrés au niveau du temps. Le problème des Everglades, c’est que les randonnées proposées sont soit très courtes, soit trop longues pour notre emploi du temps. Nous faisons donc plusieurs petites boucles sur des pontons construits au dessus de l’eau. Le temps est toujours aussi magnifique, et nous avons la chance d’apercevoir de nombreux vautours, des hérons, des alligators en plein flemmite aigüe, et une multitude d’autres animaux dont j’ai oublié le nom. Ah, et aussi des moustiques! Mais nous nous réconfortons en nous rappelant que c’est 100 fois pire en été. Les balades se font tout aussi bien dans les marais que dans des forêts nichées sur de petites îles de terre. Le parc est très sympathique pour l’ornithologue averti, mais l’amateur de randonnées pédestres se sentira un peu à l’étroit, paradoxalement.

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A noter que le parc comprend de nombreux bancs. Nous subodorons être tombés en pleine période de reproduction.

Nous filons ensuite à Key Largo, la première du chapelet d’îles au sud de la Floride, communément appelées « les Keys« , et qui sont reliées les unes aux autres par une unique grande route (US 1….mais siii, celle qui se fait détruire à coup de roquettes air-sol dans True Lies…bon du coup difficile de conduire sereinement). Nous sommes censés aller plonger avec masque/tuba/palmes l’après midi sur un récif de corail. Nous trouvons un petit restaurant sur une marina, et lézardons en rêvant devant les villas de millionnaires le long du port. Chaque propriété est équipée de son propre petit système pour sortir le bateau de l’eau, c’est encore plus snob que les maisons à 4 portes de garage, mais une villa à 10 millions le vaut bien.

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Nous nous changeons ensuite et rejoignons le navire qui va nous emmener vers le lieu de la plongée. Nous sommes une quinzaine lors de la sortie, et après 30 minutes de trajet, nous arrivons sur le récif. Par chance, Alex est équipé d’un petit appareil numérique amphibie (enfin à peu près…) qui nous permet d’avoir quelques photos de la sortie. Première surprise : manifestement les grosses méduses que nous avions vues à Miami Beach sont elles aussi fan de corail, elles sont bien urticantes, et nous allons devoir cohabiter lors de la plongée. Deuxième surprise : une autre espèce de toutes petites méduses, beaucoup plus nombreuses, se sont jointes aux premières. La bonne nouvelle c’est qu’elles ne sont pas dangereuses, même si ça fait un drôle d’effet de brasser une demi-douzaine de petites poches gélatineuses à chaque mouvement. La température de l’eau est bonne, et le fond de la mer offre un spectacle magnifique. Différentes espèces de coraux recouvrent les rochers, au creux desquels des poissons se tapissent en grappe tandis que d’autres plus hardis, et aux couleurs de la gay pride slaloment allègrement entre les nageurs. Nous écumons ainsi le récif pendant près d’une heure, recrachant de temps à autre une petite méduse qui s’est glissée dans le tuba (bon, j’exagère, mais c’était pas loin…).

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Mais si je commençais à avoir un poil froid, le retour se fait à contre-cœur, et tandis que nous voguons vers le port, nous profitons d’un magnifique coucher de soleil en pleine mer. Le temps de nous doucher, nous finirons la soirée dans l’un des restaurants de Grassy Key (un peu plus loin que Key Largo), suivi d’un petit bar, locale.

Dans le prochain épisode : les rescapés de Floride parviendront ils à ne pas exploser leur budget? L’appareil photo d’Alex est il vraiment amphibie? La théorie de la terre creuse est elle vraiment une fumisterie ou bien les gouvernements tentent ils de nous cacher la vérité? De la romance, du sexe, de l’alcool, et des petits poissons, ne ratez pas le prochain épisode de « Floridanication ».

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Vendredi, décembre 12th, 2008 | Auteur: Aquineas

La Pennsylvanie c’est bien, mais le climat est un tantinet ingrat. Après avoir subit un été plutôt étouffant et humide, je voyais arriver le spectre d’un hiver qui ne ferait pas de cadeaux au cm² de peaux laissés négligemment à l’air libre. Bon pour le moment ces craintes semblent légèrement exagérées, mais à l’époque, il nous a semblé judicieux, pour limiter la perte d’orteils, d’envisager de passer Thanksgiving en Floride! Nous avons donc planifiés nos 4 jours de vacances à 4 (mon colloc Alex, Jenn et Polo (ndlr : Paulo est une fille)) afin de voir le maximum du sud de l’état aux oranges. Au programme : Miami, les Everglades, et les îles Keys!

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Départ le mercredi 26 novembre au soir, pour une fois pas de problème avec l’avion. Après 3h de vol dont nous retiendrons uniquement qu’US airways fait payer 2$ l’eau à bord de ses avions, nous posons le train d’atterrissage sur la terre promise. Nous laissons couler une petite larme d’émotion en apercevant à travers le hublot les manutentionnaires en short sur la piste. Le temps de récupérer la voiture de location, (au passage : les conducteurs de Miami sont tous fous), nous voila partis vers notre première destination : Miami Beach. Célèbre pour ses bâtiments art déco, la ville est située à l’est de Miami, et est bordée de larges plages qui n’ont vraiment rien à envier à nos plus grandes plages européennes. Mais lors de notre arrivée, l’heure n’était pas à la baignade, et nous partons en quête d’un restaurant dans les rues animées de la ville. La lincoln road est le lieu idéal pour trouver facilement, mais les prix sont parfois un peu élevés. Il semble y avoir quelques animations, comme des petits groupes qui se produisent dans la rue, mais nous arrivons un peu tard et les artistes sont déjà entrain de plier bagages. Nous nous posons au Nexxt Café, très bonne adresse, la nourriture est bonne, et les portions monstrueuses. Nous avons l’occasion d’observer un peu la faune locale : tenues branchées et chirurgie plastique sont à la fête. Le ventre plein, nous partons arpenter les rues, et allons poser un pied sur la plage. Mais comme dans le noir obscurément sombre de la nuit (noire d’ailleurs…) rien ne ressemble davantage à une plage qu’une autre plage, nous rentrons nous coucher pour profiter pleinement du lendemain.

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Réveil aux aurores (ou pas), et redirection la plage! Très agréable, sable fin, large, parsemée de petites cabines de sauveteurs aux couleurs pastelles, la matinée baignade s’annonce bien. C’est aussi ce qu’on du se dire ces petites fouinasses de méduses qui se sont gentiment invitées aux bord de l’eau (c’est dans ces moments là qu’on se réjouit de ne pas avoir pensé au bain de minuit la veille…). Nous nous contenterons donc de quelques orteils trempés avec vigilance dans cette eau décidément bien chaude. Après une légère pause bronzette (histoire de répondre à la fameuse question : « peut on récupérer l’équivalent d’un bronzage après deux mois d’un été torride en seulement 4 jours en novembre en Floride »), nous levons le camp pour nous rapprocher des Everglades. Il s’agit d’un parc national qui abrite la plus vaste étendue de faune et flore subtropicale des Etats-Unis.

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Nous n’avons pas prévu d’entrer dans le parc aujourd’hui, mais plutôt de nous arrêter dans l’une des fermes à alligators situées autour. Les reptiles ont en effet été menacés par l’activité humaine et ces fermes ont permis de repeupler les marais, et se sont ouvertes aux touristes, histoire de ne pas rater une occasion de faire rentrer de l’argent.

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Plusieurs attractions sont proposées : outre les enclos à alligators, la ferme possède aussi de nombreux vivariums remplis de serpents, et différents shows sont proposés aux visiteurs. Le premier auquel nous assistons est celui des serpents. Après un petit speech sur les différents spécimens de la région, nous sommes invités à venir toucher l’animal, ou à se le mettre en écharpe. Je ne m’attendais vraiment pas à cette sensation : sa peau est râpeuse et dure, pas du tout humide.

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Puis direction l’hydroglisseur, pour une balade d’un quart d’heure dans les hautes herbes des marais. L’engin est puissant, farouche, il file à travers les eaux tel une bête sauvage, il n’a peur de rien, il se rit de tous les obstacles…je m’emballe. La balade est l’occasion d’aller au contact des alligators dans leur habitat naturel, et de croiser aussi le reste de la vie sauvage du milieu. Même si nous nous baladons en T-shirt et en short, le guide nous explique que la température est assez basse pour les sauriens à sang froid, et que nous en verrons surement moins qu’en été. Nous en croisons cependant quelques uns, c’est assez troublant de se retrouver à moins de deux mètres d’une si belle collection de dents. Je suis déjà bien plus rassuré par les hérons. Satisfait, le pilote se laisse alors aller à quelques pointes de vitesses au travers des marais. La réactivité et l’accélération sont impressionnantes, on a l’impression de voler!

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Retour sur la terme ferme pour l’indispensable leçon : comment maîtriser un crocodile avec son menton. Là encore le public est mis à contribution, et nous avons l’occasion de tenir un bébé alligator muselé dans nos mains. Puis le guide nous emmène vers la fosse aux crocodiles où ils vont être nourris avec des rats. Pas d’inquiétude sur le régime alimentaire de ces monstres là, ils sont bien dodus.

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Comme 15 minutes en hydroglisseurs ne nous suffisaient pas, nous avions réservés, avant de partir, pour un tour de nuit dans les marais. Le temps de nous restaurer un chouilla, et nous repartons vers le nord, au niveau de la 75, au milieu de nulle part. Attention, je ne parle pas du nulle part perdu dans une vieille zone industrielle, ou entre deux villages oubliés de la civilisation. Non, je vous parle bien du nulle part perdu au milieu des marais, traversé uniquement par une route inlassablement droite. Le genre d’endroit qui fait le bonheur des graphistes pour GPS, car il n’y a rien à mettre sur la carte. Le genre d’endroit où soudainement vous vient l’idée « hey, si je détrousse mes 3 camarades et que je jette leurs corps par ici, personne ne les retrouvera jamais! ». Et bien c’est au milieu de ce nulle part que nous avons rendez-vous pour notre balade. Au premier abord, le site semblait fermé, mais rapidement un gardien (sûrement en exil pour quelque obscure raison que nous ne creuserons pas) vient nous ouvrir. Le dialogue s’installe : « vous êtes en avance…le capitaine arrivera dans 1 heure et y’a rien à faire dans l’coin »… »bah on va attendre alors? » « yup. Vous pouvez aller sur les pontons, mais faites gaffe, y’a parfois des alligators le long » « hmm..voui… ». Notre bon samaritain s’en est ainsi allé, nous laissant seul au milieu de la nuit, dans cet univers marécageux infesté de lézard aux dents acérés. Chouette. Bien sûr, quand mon colloc et Polo nous annoncent qu’ils vont aux toilettes et que nous nous séparons, je ne peux m’empêcher de me rappeler que tous les films d’horreurs commencent comme ça. Enfin moi j’dis ça…

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Finalement notre capitaine arrive et nous fait embarquer sur un hydroglisseur manifestement prévu pour une vingtaine de personnes. Nous sommes toujours seulement 4. Le moteur rugit dans la nuit, et nous voila lancé dans l’obscurité, à travers les plantes, à la recherche d’alligators. Si j’avais l’impression de voler cet après-midi, l’effet est encore plus saisissant en pleine nuit, quand la surface lisse de l’eau ne reflète que le noir du ciel et les herbes. On flotte réellement au milieu de rien. L’ambiance est indescriptible, à 4 au milieu des marais de nuits, croisant de temps en temps les alligators. La technique nécessite une certaine dextérité : à plus de 200 mètres, le navigateur balaye les herbes avec un projecteur afin de repérer les reflets rouges des yeux des sauriens. Et ça marche aussi pour les grenouilles! Je reste encore bluffé par la vision de notre capitaine.

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Nous passons ainsi une bonne heure à errer à travers la flore des marais, perturbant le profond silence des Everglades. A notre retour, nous avons froids, mais sommes vraiment ravis de cette expérience incroyable. La journée a été longue, il est temps de partir vers Florida City pour la nuit.

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