Dimanche, janvier 25th, 2009 | Auteur: Aquineas

M’étant lâchement enfui aux Etats-Unis pendant un an, après clairement indiqué que le séjour se ferait sans retour en France, c’est finalement ma famille et ma petite amie qui m’ont rejoint pour les fêtes de Noël. Pour certains d’entre eux, c’était l’occasion de voir New York pour la première fois. Nous y avons donc passé une semaine, en louant un appartement près de East Village (à l’intersection de la 3ème avenue et de la 14ème rue), ce qui est un bon emplacement, à proximité du métro, à mi chemin entre la pointe sud et central parc. Le quartier est censé être plutôt calme, mais tout cela parait vain quand on s’aperçoit en arrivant que l’appartement est situé directement au dessus d’un bar. Forcément, certaines nuits ont été un peu troublées par le bruit, mais rien de dramatique finalement.

Notre première journée commence par une petite balade dans la 5ème avenue, en remontant vers Central Park. Même pour Noël, il y a très peu de décoration dans la rue en elle même, seuls les magasins, avec leurs devantures éclairées, et décorées de façon fantaisistes participent vraiment à « l’esprit de Noël ». La rue est bondée, les français sont encore sur-représentés au mètre carré. Nous nous arrêtons dans le magasin FAO Schwartz, le plus grand magasin de jouet au monde, célèbre pour son piano géant, immortalisé dans le film « Big« , avec Tom Hanks. Contrairement à ce que je redoutais, l’endroit n’est trop rempli de hordes d’enfants au point de la rupture nerveuse ou de parents en pleine crise typique du « mais-bon-dieu-il-est-en-rupture-de-stock-partout-ce-jouet-merde-merde-merde ».

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Nous enchaînons ensuite sur Central Park, recouvert de neige par ma tempête de neige qui a sévi deux jours plus tôt. Les chemins sont gelés, et la progression à travers les petits sentiers sinueux n’est pas aisée. Nous parvenons tout de même à la grande patinoire installée au milieu du parc. Là encore c’est la foule, les gens font la queue pour passer quelques minutes sur la glace dans ce cadre magnifique. Nous n’avons malheureusement pas le temps d’attendre, nous avons rendez-vous au Lincoln Center, où nous devons assister une représentation de la Flûte enchantée de Mozart. L’opéra de New York est en ce moment en rénovation, c’est pour cela que nous assistons à la pièce dans ce théâtre ci. Ce sera pour moi mon premier opéra, les acteurs ont donc ressenti une énorme pression ce jour là (enfin j’espère en tout cas…). Les lumières s’éteignent, le spectacle commence. Les costumes, les décors sont richement décorés, largement influencés par la culture japonaise (dans les vêtement notamment, mais aussi dans la façon dont le monstre a été stylisé…), et la mise en scène reprend énormément de symboles franc-maçons. La flûte enchanté est un opéra léger, donc pour une premère expérience, c’est assez abordable, et ça m’a énormément plu. Les places ne sont pas très chères, et à cause de la crise, l’opéra de new york a récemment entrepris de baisser ses tarifs, donc c’est l’occasion de foncer!

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En sortant de l’opéra, nous passons de l’univers aux couleurs chatoyantes de mozart à celui plus gris et froid de la grosse pomme. Après un rapide déjeuner, nous longeons les bords de l’Hudson river vers le sud : le vent glacial n’incite pas à prolonger trop longtemps la balade, mais avec le beau temps, cela reste tout de même agréable. Nous passons devant l’ »Intrepid« , un porte avion de l’armée américaine transformé en musée. Il est fermé le lundi, nous décidons donc d’aller le visiter plus tard dans la semaine.

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Pour finir la soirée, c’est vers TIme square que nous nous dirigeons, afin de nous frotter à la frénésie qui emplie le Toy ‘r Us de la fameuse place New yorkaise. Il a beau être tard déjà, le magasin est bondé, et les gens se bousculent pour acheter le saint grall du jouet. Nous finissons par un classique tour à la boutique M&m’s, avant de repartir vers nos quartiers.

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Lundi, janvier 19th, 2009 | Auteur: Aquineas

Après un long mois sans nouvelles, je dois faire un démenti officiel : non je n’ai pas été enlevé par un groupe de grenouilles mutantes anarcho-communistes vêtues de pagnes en aluminium. Elles sont juste passées pour discuter. La vraie raison de ce long désert d’articles c’était la venue de ma famille, et je n’ai donc pas eu beaucoup de temps à consacrer à mes récits.

Mais cette période faste est révolue, j’ai désormais plus de temps devant moi, et je compte bien rattraper mon retard. Donc : joyeux Noël, bonne année, joyeuse Pâques, bonnes vacances d’hiver. Ca devrait me couvrir jusqu’à la fin de mon stage.

Cette histoire commence en 2008, par ce qui devait être une peu laborieuse journée d’octobre. Tranquillement assis dans un canapé, nous élargissions nos horizons culturels en visionnant une démonstration de cet art mal apprécié sur notre vieux continent, et que nous appelons couramment du catch. A force de vouloir tenter tout et n’importe quoi sur le sol américain, ce qui devait arriver arriva, et soudainement l’idée fut lancée, à la surprise générale : « Et dites donc, si on allait voir un match de catch à Phila? » – « Hahah…ouais ça serait vraiment con… t’imagine hein…ah mais t’es sérieux?? ». Voila le genre de propositions indécentes qui vous propulsent quelques mois plus tard dans un stade rempli de gens brandissant des pancartes, à attendre que des géants body-buildés huileux montent sur le ring pour se taper dessus.

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Ainsi donc, après avoir tenté le hockey, le football, nous avons assisté à un tournoi de catch. Mais pas n’importe lequel. L’événement était l’occasion de remettre aux professionnels de la ligue WWE les slammy awards, les premiers depuis l’édition de 1997! A l’instar des oscars, il existe plusieurs catégories, et pour chacune d’elle, un catcheur se voit remettre le slammy award pour ses prestations hors du commun. Rien que ça. Parmi les différentes catégories, notons le « superstar of the year », « Diva of the year » (le mot « diva » a depuis pris pour moi une connotation totalement différente de celle qu’il avait jusque là), « Finishing Maneuver of the Year », ou encore le «  »Oh My God! » Moment of the Year »! A partir de là, on ne peut que s’attendre à passer une superbe soirée. Les vrais amateurs apprécieront sûrement aussi la présence de grandes stars telles que Chris Jericho, John Cena, Edge

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La première surprise pour moi fut de constater que dans le public, une personne sur trois devait avoir moins de 12 ans. Le catch est ici très prisé par les plus jeunes, et la compétition semblait être la parfaite sortie en famille du lundi soir. Après l’hymne américain traditionnel (oui, même ici…), la cérémonie peut commencer, et la remise des awards débute enfin! Pour chaque catégorie, nous revoyons donc les moments de l’année qui sont consacrés ce soir. Je me tourne souvent vers mon voisin, un autre stagiaire qui connait la vie, et les histoires de chaque catcheur sur le bout des doigts. Partagé entre la fascination et la peur devant cet étalage de détails (quoi qu’on en dise, une personne normale n’est pas censée connaître par coeur la taille, la masse et le CV de tous les lutteurs!), je profite donc du cours de rattrapage.

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Assez bizarrement, il s’avère très vite qu’après chaque remise des petites statuettes à un des sportif, un autre catcheur vient exprimer son vibrant désaccord avec cette nomination. Et on ne critique pas un gars de 2m de haut et de 150kg sans que cela ne mène à un combat sur le ring semble-t-il. Les affrontements s’enchaînent donc au rythme des remises des récompenses. Si vous aviez l’impression à la télé que les coups étaient bien évidemment feintés, cela devient encore plus criant en vrai, à la limite du ridicule. Le spectacle reste néanmoins impressionnant, les coups sont plutôt bien calculés pour épater la galerie sans blesser personne.

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Finalement, on a assez l’impression de regarder un spectacle de clowns. Il y a le clan des méchants, le clan des gentils, mais plutôt que de se lancer des tartes à la crème, on se balance des marrons. Les catcheurs ont des histoires entre eux, et grâce toujours à mon voisin, j’apprends quelles sont les « motivations » de chacun pour absolument vouloir sauter à pieds joints sur la cage thoracique du gars situé à l’autre bout du ring. C’est comme du théâtre, avec des acteurs body-buildés et plutôt belliqueux.

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L’ambiance dans le stade était survoltée, les gens criaient, soutenaient leurs héros. Si on se prête au jeu, on s’amuse énormément. Alors certes je ne retournerais pas de sitôt voir une de ses compétitions, mais c’est une expérience qu’il faut vivre, rien que pour ressentir ce petit moment, où votre voix intérieur vous susurre à l’oreille : « mais qu’est ce que tu fais là mon garçon? » (ce moment arrive notamment quand vous voyez une brute de 2m20 et de 250kg embrasser soudainement la présentatrice, et que des gens se mettent à chanter autour en brandissant des drapeaux américains. Effet garanti). C’est l’expérience la plus éloignée de tout ce que je connaissais jusqu’à présent! Si vous avez l’occasion d’assister à un de ces matchs, foncez! C’est pas trop chère, et c’est vraiment marrant!

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Jeudi, décembre 18th, 2008 | Auteur: Aquineas

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On n’prend pas garde, on batifole en cueillant la vie au jour le jour, emballé dans un cocon d’insouciance qui occulte presque la notion du temps qui passe. Mais un beau matin en se rendant au boulot, le temps se rappelle à vous en vous balançant une grande claque dans la gueule : votre compte informatique est bloqué, vos mails, internet, plus rien ne fonctionne. Une légère goutte de sueur roule sur votre tempe à l’idée que peut être aujourd’hui il faudra aller s’occuper des manip’ en labo au lieu de rester devant le PC! Finalement vos collègues vous fournissent narquoisement l’explication, en se fendant d’un léger sourire en coin « ah bah vi, au bout de 6 mois ton compte se bloque, il faut demander une rallonge ». Une fois passé un léger abattement, vient le moment où l’on réalise donc qu’effectivement, 6 mois se sont déjà subrepticement écoulés, soit la moitié du stage.

L’occasion de dresser un p’tit bilan sur mes impressions générales aux USA, sur le blog, sur l’avancement de mon boulot (hmmm ou pas).

Sans plus attendre, voici mon top 10 des biens/pas biens aux USA :

Bien :

-Les parc nationaux. Pourvu qu’on ait le temps, l’argent pour l’avion et l’envie de découvrir des environnements uniques, les national park américains sont une source inépuisable de découverte. Les prix d’entrée sont modiques, les rangers sont toujours extrêmement agréables et serviables, et le dépaysement et garanti. Pour le moment je n’ai pu que faire Acadia et les Everglades, mais je prévois d’allers dans les grands parcs de l’Ouest et Yellowstone, si l’argent me le permet.

-Le service dans les restaurants. Ah, petit détail con, mais qui à la longue est plutôt plaisant. Comme le tip du serveur dépend de vous, ils sont souvent prévenants, et font attention à ce que vous ne manquiez de rien. Le retour en France où l’on doit pleurer pour avoir une carafe d’eau sera irritant.

-L’essence. Malgré la petite crise de cet été, l’essence est redescendue très rapidement à prix incroyablement bas. Bon le contexte économique est certes particulier, mais ici les baisses du cours du baril étaient répercutés presque au jour le jour à la pompe, ce qui ne me semble pas être le cas en France. Le prix à la pompe du sans plomb s’est vu divisé par 2 par rapport au record atteint cet été.

-La simplicité des démarche administratives. Avec quelques nuances, j’ai des amis qui ont eu pas mal de problèmes, mais dans mon cas, toutes les démarches (carte d’identité, assurance, voiture, visa) se sont très bien passées, et le personnel est en général plutôt efficace, même pour des démarches nécessitant 769 documents, comme le visa par exemple. Bon encore une fois, ceci est à nuancer, je pense que pas mal de collègues ne seraient pas d’accord.

-Les menus à 3$ du Burger King de King of Prussia le lundi et mercredi soir. Yup, Big Whopper forever.

Pas bien :

-La conduite. Beaucoup de gens déblatèrent sur la conduite des français, avec quelques nuances selon les régions. Mais franchement, je trouve que ce n’est rien comparé à la conduite américaine, qui est un savant mélange d’imbécilité et d’utilisation massive du klaxon. Ce qui est assez curieux, car les américains sont en général courtois et charmant, mais se transforment en idiots finis une fois au volant (bon bien sûr, je généralise…). Les gens déboitent comme des malade, ne font aucun effort pour aider aux insertions dans les embouteillages, klaxonnent à la moindre petite occasion, roulent vite…tout un charme.

-La cannelle. Et pourtant je n’avais à priori rien contre cette charmante épice qui enchante nos papilles quand on la retrouve subtilement dans une tarte aux pommes. Mais ici l’usage de la cannelle relève d’un fétichisme mystérieux et abusif qui en devient limite malsain. Il y a encore quelques temps, je m’appretais à me délecter de quelques petits cornichons (les tous petits, comme on les apprécie avec une tranche de rillette, à l’opposé des énormes cucurbitacées qui accompagnent souvent les sandwichs aux USA), avant de reconnaître une odeur familière dans la saumure. Mon nez ne m’avait pas trompé, ce cornichon avait effectivement mariné dans de la cannelle. True story.

-La pub à la télé. 4 ou 5 coupures de pub pendant une série de 22 minutes? Sérieusement les gars…

-Le sale temps à Acadia…vous connaissez l’histoire

-Et spécial saison des fêtes : les chansons sur le thème de noël qui passent en bouclent à la radio, dans le moindre lieu publique, ou dans les centres commerciaux.

Bon pour développer un peu plus, je suis ravi de ces 6 premiers mois. Le pays est vraiment agréable, on est assez dépaysés, mais en même temps je suis enfin confronté pour de vrai à toute cette culture véhiculée dans les films et les séries, et qui m’apparaissaient comme d’énormes clichés. Non tout est vrai, pour le meilleur et pour le pire. A côté de ça, j’ai vraiment l’impression d’être arrivé la bonne année aux Etats-Unis, les circonstances sont historiquement uniques, que se soit au niveau de la politique, avec une campagne présidentielle dont on se souviendra longtemps, ou au niveau de l’économie. Vivre tout ça et pouvoir en discuter avec les gens d’ici est une chance inouïe. Plus anecdotique, mais qui reste tout de même un détail important vu la place du sport dans le mode de vie américain, nous étions là quand les Phillies (l’équipe de Base-ball de Philadelphie) ont remporté le championnat. Bah ça parait con, mais à vivre c’est plutôt sympa, on apprend pas mal d’histoires sur l’équipe, les superstitions…une telle victoire n’était pas arrivée depuis 28 ans! Bien sûr ne peux pas passer sous silence les voyages, qui représentent 90% du blog. Chaque excursion est extremement enrichissante, on découvre sans cesse de nouvelles choses, les paysages sont souvent fabuleux, et il me reste encore énormément de choses à faire! Je ne pense pas avoir le temps ni l’argent pour exaucer tous mes souhaits. J’ai adoré Acadia, la floride, New-York…j’espère avoir la chance d’aller à Yellowstone, dans les canyons, à Vegas!

Le blog fonctionne assez bien, même si je m’attendais à davantage de questions de la part de personnes qui seraient intéressées par un séjour aux USA. Promis, je ne suis pas aussi antipathique que ça, et je me ferai un plaisir de répondre à toutes les questions que pourraient se poser l’aventurier en proie au doute. Les visiteurs du blog proviennent du monde entier, avec bien sûr une large domination des connexions depuis la France. Petit bonjour tout particulier à toi, ami du Burundi, qui vient assez régulièrement!

Bon tout ça pour dire, l’alternance c’est bien mangez en!

Les USA c’est bien, mangez en (bah on le fait déjà assez, remarquez…)

La cannelle c’est bien, mais par pitié, arrêtez de m’en faire manger!