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Lundi, juin 22nd, 2009 | Auteur: Aquineas

Faire couper internet, suspendre l’assurance de la voiture, fermer son compte en banque (et au passage payer 25$ d’Agio pour un pourboire qui mit un jour de trop à être débité), ranger l’appartement et le nettoyer de fond en comble, vendre sa voiture, vendre ses meubles, découvrir que craigslist est le meilleur ami de l’homme pour ce genres de ventes, s’assurer que toutes ses affaires tiennent dans les bagages, chercher des solutions d’ordre quantique pour faire tenir toutes les bricoles accumulées au cours de l’année dans deux valises lilliputiennes, manger son dernier big whopper et faire ses adieux à la caissière qui commençait vraiment à trop me connaître, se faire arrêter par la police lors de sa dernière sortie, profiter une dernière fois d’un week-end entre étudiants à Philadelphie…

Les derniers jours sont bien remplis! J’ai écris les derniers articles bien calé dans mon fauteuil dans les Hauts-de-Seine, mais je quittais les Etats-Unis le 13 juin. les deux dernières semaines furent haletantes, me laissant peu de temps de repenser à cette année de folie qui venait de s’écouler.

Le vol de retour s’est dans l’ensemble plutôt bien passé, malgré les 4 heures de retard de l’avion à Philadelphie. J’ai refait le plein de charcuterie, de pâtisseries (les macarons, c’est bon!), et le lait a retrouvé du goût! Passé l’euphorie de ces retrouvailles culinaires, vient le temps de repenser à tout ce qu’on a quitté, tout ce qu’on a fait: 13 états traversés,  bien plus de13.000km parcourus en voiture pour les voyages, bien davantage parcourus en avion, deux achats de voitures pour aider l’industrie automobiles américaines à surmonter la crise (et ne me parlez de Nissan ou de Hyndai, avec leurs transmissions qui avalent facilement 200000 miles, et qui consomment peu. J’achète américain, je bouffe du pétrole, et je rachète des transmissions comme je change d’essuie-glace!), et un nombre incalculable de burgers ingurgités.

Je ne pense pas avoir besoin d’en dire beaucoup plus dans cette dernière note, j’imagine que cela s’est ressenti dans mes articles au long de l’année : ce séjour a été incroyable, et je ne peux que conseiller à tous ceux qui auraient l’occasion de réaliser un tel voyage de foncer tête baissée.

Merci à tous ceux qui ont lu ce blog, et qui m’ont laissé des commentaires. La plupart d’entre eux sont aussi en voyage d’étude dans des pays loufoques et incongrus (Ca-na-da…c’est une blague?), et je leur souhaite de passer de bons moments pendant les mois à venir! J’espère que les articles du blog  vous auront été utiles, et si vous avez des questions, n’hésitez pas à me contacter!

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Mardi, mars 17th, 2009 | Auteur: Aquineas

Pour la rédaction de cet article,  un long travail d’investigation a été réalisé (ou pas…enfin un peu quand même). Nous avons plongé au cœur des milieux pro-armes américains pour mieux comprendre cet aspect important de leur culture. Nous avons même été malmenés par des vigiles alors que nous tentions d’arracher quelques photos pour illustrer le sujet.

Après cette magnifique introduction qui à elle seule me garantie le prochain prix Pulitzer, voici quelques faits sur les armes en Pennsylvanie :

-Pas besoin de permis pour acheter des armes de poing/fusils. Si vous avez plus de 18 ans, et pas de casier judiciaire, il vous suffit de vous rendre chez un vendeur ou dans une « foire aux armes»  (gun show) avec une ID, et après un rapide coup d’œil à votre casier, vous pouvez acheter une arme.

-Il est illégal pour la Pennsylvanie d’enregistrer le nom des gens achetant des armes.

-en 98, cet état comptait plus d’un million de chasseurs licenciés sur 12 millions d’habitants, un record aux USA (pour ceux qui suivent, il n’est bien sûr pas du nécessaire d’être chasseur pour posséder une arme).

-La Pennsylvanie est le second état accueillant le plus de foire aux armes par an.

-A Philadelphie, en 2008, plus de 400 morts par armes à feu ont été reportées.

Le genre d’infos qui tendent à vous rendre serein, et à limiter les gestes rageurs au volant quand quelqu’un vous klaxonne.

Puisque manifestement, et contre toute attente en ce qui me concerne, nous sommes dans un état de cow-boys fanas de la gâchette, autant se fondre dans la masse et s’ouvrir aux nouvelles expériences. Nous nous rendons à 4  à un stand de tir proche de King of Prussia. « Avez vous déjà tiré?»  Nous demande le patron. Mon colocataire mexicain, niant ses liens évident avec les cartels, répond par la négative, nous l’imitons. Après lui avoir remis nos pièces d’identité, nous avons le droit à 30 secondes de cours sur la prise en main et le rechargement des armes. Pas de blabla inutile sur la sécurité, rien. Quand on travaille la semaine dans une société où le maniement d’un tournevis nécessite 2 heures de training, et la validation de du protocole expérimental par la moitié du département HSE, ça fait un choc.

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Pour notre première fois, nous y allons doucement sur le calibre : nous choisissons pour se faire la main le Walther P22, qui accepte des balles de calibre .22, ainsi qu’un Beretta PX4 Storm, qui envoie des balles de 9mm. Le temps de choisir ses cibles (au choix : gros moustachu patibulaire, ours, femme armée en mini-jupe, vous trouverez votre bonheur…), et nous voici sur le stand.

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« Mouahaha, j’ai sous la main un pistolet et 50 balles, l’humanité va payer!» . Une fois que l’on s’est convaincu que le gars entrain de tirer à côté de soi ne pense pas forcément ça, et qu’il y’a peu de chance qu’il se retourne pour vous tirer dessus, il est temps de se concentrer, de remplir le chargeur du pistolet, de l’insérer dans l’arme, de viser en se rappelant des conseils du vendeur, puis de presser la gâchette. Je m’attendais à ce qu’à un moment, la mécanique se fasse ressentir, et que la pression sur l’arc métallique soit plus fort, laissant au tireur ce petit moment où il pourrait se demander si finir de contracter son doigt est la meilleure des choses à faire. Mais ce petit fragment de temps n’existe pas : le doigt arrive en bout de course sans prévenir, et le coup part. Le bruit vrille vos tympans malgré le casque, le recul appui lourdement sur vos bras, l’odeur de poudre empli vos narines. Ca y est, vous avez tiré. La cible est maintenant ornée d’un petit trou, assez loin de l’endroit que j’avais visé.

Avec le beretta, le recul est assez important, même à deux mains. Pas évident de bien viser, alors que la cible n’est qu’à une dizaine de mètres. Le P22, avec ses balles de « seulement»  5,7mm, permet d’être plus précis et de mieux placer ses coups. Au bout de deux chargeurs, on arrive à insérer plus facilement les balles dans le magasin de l’arme, et on gagne un peu en précision.

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Après avoir plombé 1 ours, 2 femmes menaçantes, 2 preneurs d’otages, et 2 cibles d’entraînement classiques, nous avons épuisé notre stock de balles. Nous rendons le matériel, et après une dernière photo avec entre les mains un fusil d’assaut M4, nous rentrons. L’expérience aura coûté 40$ pour le P22 avec 50 balles, et 70$ pour le beretta.

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Coïncidence cocasse, deux semaines après avoir tiré, j’apprends que se tiendra dans notre ville un des fameux « gun show» , où des vendeurs et des collectionneurs de nombreux états viennent exposer leur collection, et où le tout-venant peut venir faire son petit stock d’arme pour l’hiver. Pendant un week-end, 5000m² vont être recouverts de stands où s’empileront des milliers d’armes, allant du couteau suisse au fusil d’assaut militaire.

Tout excité à l’annonce de l’événement, j’ai fait chauffer les batteries de l’appareil photo, et nous nous rendons le dimanche midi à cette foire peu banale. Sur le parking,  les énormes 4×4 dominent, et les plaques montrent que les gens viennent de loin. C’est la première exposition de ma vie où on me demande à l’entrée si j’ai une arme sur moi. Il faut dire que beaucoup arrivent avec leur joujou préféré, qui se retrouvera scellé par le policier présent. Dans les allées, certains amateurs déambulent fièrement, en tenant de la main gauche leur petit gamin, et de l’autre leur fusil de chasse. Je sors l’appareil photo, et j’ai le temps de prendre un cliché de mon ami posant avec une kalashnikov, avant de me faire escorter vers la sortie par un vigile. Apparemment, et même si ce n’est indiqué nul part, les photos sont interdites. Profitez bien de la photo, ce sera là seule, à mon gigantesque regret :

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Après avoir ramené l’appareil dans la voiture, nous revoilà partis à la découverte de ce monde merveilleux, sponsorisé par la NRA. Les prix sont affolants : seulement 200$ pour un pistolet, 300$ pour un fusil à pompe en solde, 1200$ pour un fusil d’assaut… La chasse doit effectivement être excitante en Pennsylvanie. Il est aussi possible d’acheter des T-shirts assez éloquents : mention très spéciale à l’un d’entre eux, sur lequel on pouvait lire « stay 100 meters back or you will be shot» . Détail intéressant, en dessous de cette première phrase, on peut lire sur le T-shirt la traduction…en arabe. Au dos du vêtement est inscrit le mot « infidèl» , lui aussi traduit. Sur les stands, on passe d’armes de collection datant des guerres mondiales, d’indépendant américaine, aux armes très récentes, avec tout l’équipement nécessaire pour les personnaliser à l’infini : pointeurs laser, lunettes de vision nocturne, téléscop…heu lunettes de visée, tout est là pour mener à bien votre petite guerr…votre petite chasse. La quantité de matériel exposé est tout simplement hallucinante. Il y a de quoi renverser un petit pays.

La visite aura été intéressante, c’était la première fois que j’étais confronté à cette face plus radicale de l’amérique. J’en resterai là pendant un p’tit bout de temps.

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Jeudi, décembre 18th, 2008 | Auteur: Aquineas

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On n’prend pas garde, on batifole en cueillant la vie au jour le jour, emballé dans un cocon d’insouciance qui occulte presque la notion du temps qui passe. Mais un beau matin en se rendant au boulot, le temps se rappelle à vous en vous balançant une grande claque dans la gueule : votre compte informatique est bloqué, vos mails, internet, plus rien ne fonctionne. Une légère goutte de sueur roule sur votre tempe à l’idée que peut être aujourd’hui il faudra aller s’occuper des manip’ en labo au lieu de rester devant le PC! Finalement vos collègues vous fournissent narquoisement l’explication, en se fendant d’un léger sourire en coin « ah bah vi, au bout de 6 mois ton compte se bloque, il faut demander une rallonge» . Une fois passé un léger abattement, vient le moment où l’on réalise donc qu’effectivement, 6 mois se sont déjà subrepticement écoulés, soit la moitié du stage.

L’occasion de dresser un p’tit bilan sur mes impressions générales aux USA, sur le blog, sur l’avancement de mon boulot (hmmm ou pas).

Sans plus attendre, voici mon top 10 des biens/pas biens aux USA :

Bien :

-Les parc nationaux. Pourvu qu’on ait le temps, l’argent pour l’avion et l’envie de découvrir des environnements uniques, les national park américains sont une source inépuisable de découverte. Les prix d’entrée sont modiques, les rangers sont toujours extrêmement agréables et serviables, et le dépaysement et garanti. Pour le moment je n’ai pu que faire Acadia et les Everglades, mais je prévois d’allers dans les grands parcs de l’Ouest et Yellowstone, si l’argent me le permet.

-Le service dans les restaurants. Ah, petit détail con, mais qui à la longue est plutôt plaisant. Comme le tip du serveur dépend de vous, ils sont souvent prévenants, et font attention à ce que vous ne manquiez de rien. Le retour en France où l’on doit pleurer pour avoir une carafe d’eau sera irritant.

-L’essence. Malgré la petite crise de cet été, l’essence est redescendue très rapidement à prix incroyablement bas. Bon le contexte économique est certes particulier, mais ici les baisses du cours du baril étaient répercutés presque au jour le jour à la pompe, ce qui ne me semble pas être le cas en France. Le prix à la pompe du sans plomb s’est vu divisé par 2 par rapport au record atteint cet été.

-La simplicité des démarche administratives. Avec quelques nuances, j’ai des amis qui ont eu pas mal de problèmes, mais dans mon cas, toutes les démarches (carte d’identité, assurance, voiture, visa) se sont très bien passées, et le personnel est en général plutôt efficace, même pour des démarches nécessitant 769 documents, comme le visa par exemple. Bon encore une fois, ceci est à nuancer, je pense que pas mal de collègues ne seraient pas d’accord.

-Les menus à 3$ du Burger King de King of Prussia le lundi et mercredi soir. Yup, Big Whopper forever.

Pas bien :

-La conduite. Beaucoup de gens déblatèrent sur la conduite des français, avec quelques nuances selon les régions. Mais franchement, je trouve que ce n’est rien comparé à la conduite américaine, qui est un savant mélange d’imbécilité et d’utilisation massive du klaxon. Ce qui est assez curieux, car les américains sont en général courtois et charmant, mais se transforment en idiots finis une fois au volant (bon bien sûr, je généralise…). Les gens déboitent comme des malade, ne font aucun effort pour aider aux insertions dans les embouteillages, klaxonnent à la moindre petite occasion, roulent vite…tout un charme.

-La cannelle. Et pourtant je n’avais à priori rien contre cette charmante épice qui enchante nos papilles quand on la retrouve subtilement dans une tarte aux pommes. Mais ici l’usage de la cannelle relève d’un fétichisme mystérieux et abusif qui en devient limite malsain. Il y a encore quelques temps, je m’appretais à me délecter de quelques petits cornichons (les tous petits, comme on les apprécie avec une tranche de rillette, à l’opposé des énormes cucurbitacées qui accompagnent souvent les sandwichs aux USA), avant de reconnaître une odeur familière dans la saumure. Mon nez ne m’avait pas trompé, ce cornichon avait effectivement mariné dans de la cannelle. True story.

-La pub à la télé. 4 ou 5 coupures de pub pendant une série de 22 minutes? Sérieusement les gars…

-Le sale temps à Acadia…vous connaissez l’histoire

-Et spécial saison des fêtes : les chansons sur le thème de noël qui passent en bouclent à la radio, dans le moindre lieu publique, ou dans les centres commerciaux.

Bon pour développer un peu plus, je suis ravi de ces 6 premiers mois. Le pays est vraiment agréable, on est assez dépaysés, mais en même temps je suis enfin confronté pour de vrai à toute cette culture véhiculée dans les films et les séries, et qui m’apparaissaient comme d’énormes clichés. Non tout est vrai, pour le meilleur et pour le pire. A côté de ça, j’ai vraiment l’impression d’être arrivé la bonne année aux Etats-Unis, les circonstances sont historiquement uniques, que se soit au niveau de la politique, avec une campagne présidentielle dont on se souviendra longtemps, ou au niveau de l’économie. Vivre tout ça et pouvoir en discuter avec les gens d’ici est une chance inouïe. Plus anecdotique, mais qui reste tout de même un détail important vu la place du sport dans le mode de vie américain, nous étions là quand les Phillies (l’équipe de Base-ball de Philadelphie) ont remporté le championnat. Bah ça parait con, mais à vivre c’est plutôt sympa, on apprend pas mal d’histoires sur l’équipe, les superstitions…une telle victoire n’était pas arrivée depuis 28 ans! Bien sûr ne peux pas passer sous silence les voyages, qui représentent 90% du blog. Chaque excursion est extremement enrichissante, on découvre sans cesse de nouvelles choses, les paysages sont souvent fabuleux, et il me reste encore énormément de choses à faire! Je ne pense pas avoir le temps ni l’argent pour exaucer tous mes souhaits. J’ai adoré Acadia, la floride, New-York…j’espère avoir la chance d’aller à Yellowstone, dans les canyons, à Vegas!

Le blog fonctionne assez bien, même si je m’attendais à davantage de questions de la part de personnes qui seraient intéressées par un séjour aux USA. Promis, je ne suis pas aussi antipathique que ça, et je me ferai un plaisir de répondre à toutes les questions que pourraient se poser l’aventurier en proie au doute. Les visiteurs du blog proviennent du monde entier, avec bien sûr une large domination des connexions depuis la France. Petit bonjour tout particulier à toi, ami du Burundi, qui vient assez régulièrement!

Bon tout ça pour dire, l’alternance c’est bien mangez en!

Les USA c’est bien, mangez en (bah on le fait déjà assez, remarquez…)

La cannelle c’est bien, mais par pitié, arrêtez de m’en faire manger!