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Lundi, janvier 19th, 2009 | Auteur: Aquineas

Après un long mois sans nouvelles, je dois faire un démenti officiel : non je n’ai pas été enlevé par un groupe de grenouilles mutantes anarcho-communistes vêtues de pagnes en aluminium. Elles sont juste passées pour discuter. La vraie raison de ce long désert d’articles c’était la venue de ma famille, et je n’ai donc pas eu beaucoup de temps à consacrer à mes récits.

Mais cette période faste est révolue, j’ai désormais plus de temps devant moi, et je compte bien rattraper mon retard. Donc : joyeux Noël, bonne année, joyeuse Pâques, bonnes vacances d’hiver. Ca devrait me couvrir jusqu’à la fin de mon stage.

Cette histoire commence en 2008, par ce qui devait être une peu laborieuse journée d’octobre. Tranquillement assis dans un canapé, nous élargissions nos horizons culturels en visionnant une démonstration de cet art mal apprécié sur notre vieux continent, et que nous appelons couramment du catch. A force de vouloir tenter tout et n’importe quoi sur le sol américain, ce qui devait arriver arriva, et soudainement l’idée fut lancée, à la surprise générale : « Et dites donc, si on allait voir un match de catch à Phila?»  – « Hahah…ouais ça serait vraiment con… t’imagine hein…ah mais t’es sérieux??» . Voila le genre de propositions indécentes qui vous propulsent quelques mois plus tard dans un stade rempli de gens brandissant des pancartes, à attendre que des géants body-buildés huileux montent sur le ring pour se taper dessus.

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Ainsi donc, après avoir tenté le hockey, le football, nous avons assisté à un tournoi de catch. Mais pas n’importe lequel. L’événement était l’occasion de remettre aux professionnels de la ligue WWE les slammy awards, les premiers depuis l’édition de 1997! A l’instar des oscars, il existe plusieurs catégories, et pour chacune d’elle, un catcheur se voit remettre le slammy award pour ses prestations hors du commun. Rien que ça. Parmi les différentes catégories, notons le « superstar of the year» , « Diva of the year»  (le mot « diva»  a depuis pris pour moi une connotation totalement différente de celle qu’il avait jusque là), « Finishing Maneuver of the Year» , ou encore le « » Oh My God!»  Moment of the Year» ! A partir de là, on ne peut que s’attendre à passer une superbe soirée. Les vrais amateurs apprécieront sûrement aussi la présence de grandes stars telles que Chris Jericho, John Cena, Edge

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La première surprise pour moi fut de constater que dans le public, une personne sur trois devait avoir moins de 12 ans. Le catch est ici très prisé par les plus jeunes, et la compétition semblait être la parfaite sortie en famille du lundi soir. Après l’hymne américain traditionnel (oui, même ici…), la cérémonie peut commencer, et la remise des awards débute enfin! Pour chaque catégorie, nous revoyons donc les moments de l’année qui sont consacrés ce soir. Je me tourne souvent vers mon voisin, un autre stagiaire qui connait la vie, et les histoires de chaque catcheur sur le bout des doigts. Partagé entre la fascination et la peur devant cet étalage de détails (quoi qu’on en dise, une personne normale n’est pas censée connaître par coeur la taille, la masse et le CV de tous les lutteurs!), je profite donc du cours de rattrapage.

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Assez bizarrement, il s’avère très vite qu’après chaque remise des petites statuettes à un des sportif, un autre catcheur vient exprimer son vibrant désaccord avec cette nomination. Et on ne critique pas un gars de 2m de haut et de 150kg sans que cela ne mène à un combat sur le ring semble-t-il. Les affrontements s’enchaînent donc au rythme des remises des récompenses. Si vous aviez l’impression à la télé que les coups étaient bien évidemment feintés, cela devient encore plus criant en vrai, à la limite du ridicule. Le spectacle reste néanmoins impressionnant, les coups sont plutôt bien calculés pour épater la galerie sans blesser personne.

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Finalement, on a assez l’impression de regarder un spectacle de clowns. Il y a le clan des méchants, le clan des gentils, mais plutôt que de se lancer des tartes à la crème, on se balance des marrons. Les catcheurs ont des histoires entre eux, et grâce toujours à mon voisin, j’apprends quelles sont les « motivations»  de chacun pour absolument vouloir sauter à pieds joints sur la cage thoracique du gars situé à l’autre bout du ring. C’est comme du théâtre, avec des acteurs body-buildés et plutôt belliqueux.

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L’ambiance dans le stade était survoltée, les gens criaient, soutenaient leurs héros. Si on se prête au jeu, on s’amuse énormément. Alors certes je ne retournerais pas de sitôt voir une de ses compétitions, mais c’est une expérience qu’il faut vivre, rien que pour ressentir ce petit moment, où votre voix intérieur vous susurre à l’oreille : « mais qu’est ce que tu fais là mon garçon?»  (ce moment arrive notamment quand vous voyez une brute de 2m20 et de 250kg embrasser soudainement la présentatrice, et que des gens se mettent à chanter autour en brandissant des drapeaux américains. Effet garanti). C’est l’expérience la plus éloignée de tout ce que je connaissais jusqu’à présent! Si vous avez l’occasion d’assister à un de ces matchs, foncez! C’est pas trop chère, et c’est vraiment marrant!

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Catégories: Voyage  | 3 Comments