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Vendredi, janvier 30th, 2009 | Auteur: Aquineas

Nouvelle journée ensoleillée à New-York, mais cela ne devrait pas durer, il faut donc regrouper les activités en plein air au début du séjour. Direction l’île où trône la liberté éclairant le monde, statue de la liberté pour les intimes. Vu le temps, l’allégorie préférée des new yorkais doit d’ailleurs pas mal se les cailler, habillée en tongues et tôge par un temps pareil. Nous arrivons vers 9h30 au point de vente des billets, il y a un peu la queue aux guichets mais rien de dramatique. Au passage, il existe des carnets appelés « city pass» , qui regroupent des entrées pour les principales activités touristiques de la ville (Statue de la Liberté, MET, MOMA, Empire State Building, Musée d’histoire naturel, Guggenheim), vendus à 75$. Ils deviennent rentables au bout de 3 ou 4 activités, selon les réductions dont vous bénéficiez. Pour une semaine en touriste, c’est assez pratique, et permet (parfois…) de faire moins de queue. Mais revenons à nos moutons. Si vous comptez entrer dans la statue, préférez arriver tôt, car les billets disponibles pour la journée sont vendus avant 10h en périodes pleines. Il faut cependant savoir que depuis les attentats, seul le socle de la statue accueil encore les visiteurs, plus question d’aller dans la tête de la dame.

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Après une longue attente en rang serré au contrôle de sécurité (alors que nous n’aspirions qu’à vivre libres), nous embarquons avec les pauvres, les exténués et les déshérités, vers les rivages bondés du monument, mais sans tempêtes ni rien. Par contre je n’ai vu aucune porte d’or.

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A cause du froid qui vous mordille profondément la moelle des os, il est difficile de rester sur le pont du bateau pendant toute la traversée. Il n’y a pas encore trop de monde sur Liberty island, on peut facilement faire ses photos, et de toute façon, les balades sont assez limitées sur l’ile. Nous reprenons ensuite la mer, direction Ellis Island, qui entre 1892 et 1954, était le principale point d’entrée des immigrants aux Etats-Unis et a accueilli en tout plus de 12 millions de personnes. La visite est instructive, même si on peut penser que les faits ne sont pas toujours relatés de façon très objective. On comprend en tous cas l’origine de l’obsession américaine pour les longues files de fouille aux aéroports. Des ordinateurs permettent notamment de regarder si des membres de notre famille sont passés par Ellis Island.

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Finalement, nous retournons sur Manhattan, afin d’explorer un peu le vieux quartiers des affaires de la ville, où les gratte-ciels démesurés côtoient d’anciens immeubles résidentiels dont la construction remonte presque à la fondation de la ville. Pour les fêtes de Noël, un sapin a été installé devant la bourse de new-york, et le gigantesque drapeau qui ornait auparavant les colonnes a été remplacé par une guirlande lumineuse version « stars & stripes« .

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Nous remontons vers le quartier chinois qu’on ne présente plus, et allons diner au Peking duck House, qui comme son nom l’indique, se spécialise dans la préparation de tarte aux fraises. Bon et aussi ils font un peu de canard pékinois de temps en temps. Si vous venez à plusieurs, ils proposent des menus dégustation, constitués d’un canard (pékinois donc), de sa soupe, et de plusieurs plats de la carte, afin de pouvoir goûter aux différentes spécialités. Le tout n’est pas donné, mais sans être excessif vu la quantité dans l’assiette. C’est le ventre bien rempli que nous rentrons nous reposer.

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Dimanche, janvier 25th, 2009 | Auteur: Aquineas

M’étant lâchement enfui aux Etats-Unis pendant un an, après clairement indiqué que le séjour se ferait sans retour en France, c’est finalement ma famille et ma petite amie qui m’ont rejoint pour les fêtes de Noël. Pour certains d’entre eux, c’était l’occasion de voir New York pour la première fois. Nous y avons donc passé une semaine, en louant un appartement près de East Village (à l’intersection de la 3ème avenue et de la 14ème rue), ce qui est un bon emplacement, à proximité du métro, à mi chemin entre la pointe sud et central parc. Le quartier est censé être plutôt calme, mais tout cela parait vain quand on s’aperçoit en arrivant que l’appartement est situé directement au dessus d’un bar. Forcément, certaines nuits ont été un peu troublées par le bruit, mais rien de dramatique finalement.

Notre première journée commence par une petite balade dans la 5ème avenue, en remontant vers Central Park. Même pour Noël, il y a très peu de décoration dans la rue en elle même, seuls les magasins, avec leurs devantures éclairées, et décorées de façon fantaisistes participent vraiment à « l’esprit de Noël» . La rue est bondée, les français sont encore sur-représentés au mètre carré. Nous nous arrêtons dans le magasin FAO Schwartz, le plus grand magasin de jouet au monde, célèbre pour son piano géant, immortalisé dans le film « Big« , avec Tom Hanks. Contrairement à ce que je redoutais, l’endroit n’est trop rempli de hordes d’enfants au point de la rupture nerveuse ou de parents en pleine crise typique du « mais-bon-dieu-il-est-en-rupture-de-stock-partout-ce-jouet-merde-merde-merde» .

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Nous enchaînons ensuite sur Central Park, recouvert de neige par ma tempête de neige qui a sévi deux jours plus tôt. Les chemins sont gelés, et la progression à travers les petits sentiers sinueux n’est pas aisée. Nous parvenons tout de même à la grande patinoire installée au milieu du parc. Là encore c’est la foule, les gens font la queue pour passer quelques minutes sur la glace dans ce cadre magnifique. Nous n’avons malheureusement pas le temps d’attendre, nous avons rendez-vous au Lincoln Center, où nous devons assister une représentation de la Flûte enchantée de Mozart. L’opéra de New York est en ce moment en rénovation, c’est pour cela que nous assistons à la pièce dans ce théâtre ci. Ce sera pour moi mon premier opéra, les acteurs ont donc ressenti une énorme pression ce jour là (enfin j’espère en tout cas…). Les lumières s’éteignent, le spectacle commence. Les costumes, les décors sont richement décorés, largement influencés par la culture japonaise (dans les vêtement notamment, mais aussi dans la façon dont le monstre a été stylisé…), et la mise en scène reprend énormément de symboles franc-maçons. La flûte enchanté est un opéra léger, donc pour une premère expérience, c’est assez abordable, et ça m’a énormément plu. Les places ne sont pas très chères, et à cause de la crise, l’opéra de new york a récemment entrepris de baisser ses tarifs, donc c’est l’occasion de foncer!

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En sortant de l’opéra, nous passons de l’univers aux couleurs chatoyantes de mozart à celui plus gris et froid de la grosse pomme. Après un rapide déjeuner, nous longeons les bords de l’Hudson river vers le sud : le vent glacial n’incite pas à prolonger trop longtemps la balade, mais avec le beau temps, cela reste tout de même agréable. Nous passons devant l’» Intrepid« , un porte avion de l’armée américaine transformé en musée. Il est fermé le lundi, nous décidons donc d’aller le visiter plus tard dans la semaine.

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Pour finir la soirée, c’est vers TIme square que nous nous dirigeons, afin de nous frotter à la frénésie qui emplie le Toy ‘r Us de la fameuse place New yorkaise. Il a beau être tard déjà, le magasin est bondé, et les gens se bousculent pour acheter le saint grall du jouet. Nous finissons par un classique tour à la boutique M&m’s, avant de repartir vers nos quartiers.

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Lundi, janvier 19th, 2009 | Auteur: Aquineas

Après un long mois sans nouvelles, je dois faire un démenti officiel : non je n’ai pas été enlevé par un groupe de grenouilles mutantes anarcho-communistes vêtues de pagnes en aluminium. Elles sont juste passées pour discuter. La vraie raison de ce long désert d’articles c’était la venue de ma famille, et je n’ai donc pas eu beaucoup de temps à consacrer à mes récits.

Mais cette période faste est révolue, j’ai désormais plus de temps devant moi, et je compte bien rattraper mon retard. Donc : joyeux Noël, bonne année, joyeuse Pâques, bonnes vacances d’hiver. Ca devrait me couvrir jusqu’à la fin de mon stage.

Cette histoire commence en 2008, par ce qui devait être une peu laborieuse journée d’octobre. Tranquillement assis dans un canapé, nous élargissions nos horizons culturels en visionnant une démonstration de cet art mal apprécié sur notre vieux continent, et que nous appelons couramment du catch. A force de vouloir tenter tout et n’importe quoi sur le sol américain, ce qui devait arriver arriva, et soudainement l’idée fut lancée, à la surprise générale : « Et dites donc, si on allait voir un match de catch à Phila?»  – « Hahah…ouais ça serait vraiment con… t’imagine hein…ah mais t’es sérieux??» . Voila le genre de propositions indécentes qui vous propulsent quelques mois plus tard dans un stade rempli de gens brandissant des pancartes, à attendre que des géants body-buildés huileux montent sur le ring pour se taper dessus.

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Ainsi donc, après avoir tenté le hockey, le football, nous avons assisté à un tournoi de catch. Mais pas n’importe lequel. L’événement était l’occasion de remettre aux professionnels de la ligue WWE les slammy awards, les premiers depuis l’édition de 1997! A l’instar des oscars, il existe plusieurs catégories, et pour chacune d’elle, un catcheur se voit remettre le slammy award pour ses prestations hors du commun. Rien que ça. Parmi les différentes catégories, notons le « superstar of the year» , « Diva of the year»  (le mot « diva»  a depuis pris pour moi une connotation totalement différente de celle qu’il avait jusque là), « Finishing Maneuver of the Year» , ou encore le « » Oh My God!»  Moment of the Year» ! A partir de là, on ne peut que s’attendre à passer une superbe soirée. Les vrais amateurs apprécieront sûrement aussi la présence de grandes stars telles que Chris Jericho, John Cena, Edge

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La première surprise pour moi fut de constater que dans le public, une personne sur trois devait avoir moins de 12 ans. Le catch est ici très prisé par les plus jeunes, et la compétition semblait être la parfaite sortie en famille du lundi soir. Après l’hymne américain traditionnel (oui, même ici…), la cérémonie peut commencer, et la remise des awards débute enfin! Pour chaque catégorie, nous revoyons donc les moments de l’année qui sont consacrés ce soir. Je me tourne souvent vers mon voisin, un autre stagiaire qui connait la vie, et les histoires de chaque catcheur sur le bout des doigts. Partagé entre la fascination et la peur devant cet étalage de détails (quoi qu’on en dise, une personne normale n’est pas censée connaître par coeur la taille, la masse et le CV de tous les lutteurs!), je profite donc du cours de rattrapage.

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Assez bizarrement, il s’avère très vite qu’après chaque remise des petites statuettes à un des sportif, un autre catcheur vient exprimer son vibrant désaccord avec cette nomination. Et on ne critique pas un gars de 2m de haut et de 150kg sans que cela ne mène à un combat sur le ring semble-t-il. Les affrontements s’enchaînent donc au rythme des remises des récompenses. Si vous aviez l’impression à la télé que les coups étaient bien évidemment feintés, cela devient encore plus criant en vrai, à la limite du ridicule. Le spectacle reste néanmoins impressionnant, les coups sont plutôt bien calculés pour épater la galerie sans blesser personne.

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Finalement, on a assez l’impression de regarder un spectacle de clowns. Il y a le clan des méchants, le clan des gentils, mais plutôt que de se lancer des tartes à la crème, on se balance des marrons. Les catcheurs ont des histoires entre eux, et grâce toujours à mon voisin, j’apprends quelles sont les « motivations»  de chacun pour absolument vouloir sauter à pieds joints sur la cage thoracique du gars situé à l’autre bout du ring. C’est comme du théâtre, avec des acteurs body-buildés et plutôt belliqueux.

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L’ambiance dans le stade était survoltée, les gens criaient, soutenaient leurs héros. Si on se prête au jeu, on s’amuse énormément. Alors certes je ne retournerais pas de sitôt voir une de ses compétitions, mais c’est une expérience qu’il faut vivre, rien que pour ressentir ce petit moment, où votre voix intérieur vous susurre à l’oreille : « mais qu’est ce que tu fais là mon garçon?»  (ce moment arrive notamment quand vous voyez une brute de 2m20 et de 250kg embrasser soudainement la présentatrice, et que des gens se mettent à chanter autour en brandissant des drapeaux américains. Effet garanti). C’est l’expérience la plus éloignée de tout ce que je connaissais jusqu’à présent! Si vous avez l’occasion d’assister à un de ces matchs, foncez! C’est pas trop chère, et c’est vraiment marrant!

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