Après avoir frôlé une mort presque certaine dans les marais la veille, j’avais quelques doutes à l’idée de retourner dans les Everglades ce vendredi matin. Cette fois nous avions prévu d’entrer dans le parc national, qui présente l’intéressante qualité d’avoir une route aménagée qui traverse les grandes étendues d’eau. L’entrée est de 10$ par voiture, mais l’intérieur du parc est parfaitement aménagé (comme toujours dans les parcs nationaux américains) : des points d’eau, plusieurs visites guidées organisées par les rangers sont proposées, et si vous comptez vous débrouillez vous même, vous serez très chaleureusement aiguillés à l’accueil en fonction de ce que vous voulez voir.
Nous avons rendez-vous pour de la plongé dans l’après midi, donc nous devons nous organiser pour ne pas être trop serrés au niveau du temps. Le problème des Everglades, c’est que les randonnées proposées sont soit très courtes, soit trop longues pour notre emploi du temps. Nous faisons donc plusieurs petites boucles sur des pontons construits au dessus de l’eau. Le temps est toujours aussi magnifique, et nous avons la chance d’apercevoir de nombreux vautours, des hérons, des alligators en plein flemmite aigüe, et une multitude d’autres animaux dont j’ai oublié le nom. Ah, et aussi des moustiques! Mais nous nous réconfortons en nous rappelant que c’est 100 fois pire en été. Les balades se font tout aussi bien dans les marais que dans des forêts nichées sur de petites îles de terre. Le parc est très sympathique pour l’ornithologue averti, mais l’amateur de randonnées pédestres se sentira un peu à l’étroit, paradoxalement.
A noter que le parc comprend de nombreux bancs. Nous subodorons être tombés en pleine période de reproduction.
Nous filons ensuite à Key Largo, la première du chapelet d’îles au sud de la Floride, communément appelées « les Keys« , et qui sont reliées les unes aux autres par une unique grande route (US 1….mais siii, celle qui se fait détruire à coup de roquettes air-sol dans True Lies…bon du coup difficile de conduire sereinement). Nous sommes censés aller plonger avec masque/tuba/palmes l’après midi sur un récif de corail. Nous trouvons un petit restaurant sur une marina, et lézardons en rêvant devant les villas de millionnaires le long du port. Chaque propriété est équipée de son propre petit système pour sortir le bateau de l’eau, c’est encore plus snob que les maisons à 4 portes de garage, mais une villa à 10 millions le vaut bien.
Nous nous changeons ensuite et rejoignons le navire qui va nous emmener vers le lieu de la plongée. Nous sommes une quinzaine lors de la sortie, et après 30 minutes de trajet, nous arrivons sur le récif. Par chance, Alex est équipé d’un petit appareil numérique amphibie (enfin à peu près…) qui nous permet d’avoir quelques photos de la sortie. Première surprise : manifestement les grosses méduses que nous avions vues à Miami Beach sont elles aussi fan de corail, elles sont bien urticantes, et nous allons devoir cohabiter lors de la plongée. Deuxième surprise : une autre espèce de toutes petites méduses, beaucoup plus nombreuses, se sont jointes aux premières. La bonne nouvelle c’est qu’elles ne sont pas dangereuses, même si ça fait un drôle d’effet de brasser une demi-douzaine de petites poches gélatineuses à chaque mouvement. La température de l’eau est bonne, et le fond de la mer offre un spectacle magnifique. Différentes espèces de coraux recouvrent les rochers, au creux desquels des poissons se tapissent en grappe tandis que d’autres plus hardis, et aux couleurs de la gay pride slaloment allègrement entre les nageurs. Nous écumons ainsi le récif pendant près d’une heure, recrachant de temps à autre une petite méduse qui s’est glissée dans le tuba (bon, j’exagère, mais c’était pas loin…).
Mais si je commençais à avoir un poil froid, le retour se fait à contre-cœur, et tandis que nous voguons vers le port, nous profitons d’un magnifique coucher de soleil en pleine mer. Le temps de nous doucher, nous finirons la soirée dans l’un des restaurants de Grassy Key (un peu plus loin que Key Largo), suivi d’un petit bar, locale.
Dans le prochain épisode : les rescapés de Floride parviendront ils à ne pas exploser leur budget? L’appareil photo d’Alex est il vraiment amphibie? La théorie de la terre creuse est elle vraiment une fumisterie ou bien les gouvernements tentent ils de nous cacher la vérité? De la romance, du sexe, de l’alcool, et des petits poissons, ne ratez pas le prochain épisode de « Floridanication ».
