L’Histoire s’est trop souvent concentrée sur les épopée épiques (voire même hippiques) des valeureux cowboys de l’Ouest, en délaissant du coup leurs cousins de l’Est, dont les aventures ne sont sûrement pas moins dignes de louanges. Afin de réparer un peu cette injustice, nous sommes partis assister à un rodeo dans le New Jersey (rodeo Cowtown), où les plus courageux gaillards de l’Est s’affrontent dans des joutes sans merci, dans un face à face cruel avec mère nature. Au programme : Bull riding (où le but est de tenir plus de 8sec sur le dos d’un taureau manifestement atteint d’une forme sévère de Parkinson des membres inférieurs), bronc riding, où le cowboy doit monter un cheval plutôt nerveux, capture de petit veau (à mains nues (steerwrestling), au lasso en solo (calf roping) ou à deux (team roping)), course d’obstacles pour les cow-girls (barrel racing), et bull riding par des jeunes cow-boys adolescents.

Mais nous sommes aux USA. Aussi un bon spectacle ne pourrait-il pas commencer sans rendre gloire au drapeau américain. Après le tour de pistes des étendards portés par de fières cow-girls, et rappelant, entre autre bien sûr, que « Jesus loves cowboys» , un Monsieur Loyal à cheval s’avance au milieu de la piste et se lancer dans une vibrante tirade rappelant clairement pourquoi les américains sont le meilleur peuple que la terre a porté, et ne portera jamais. Puis suit l’indispensable hymne américain. Cette cérémonie d’ouverture sera fermée par une prière. Après le « amen» de rigueur repris par le public entier, les festivités peuvent enfin commencer!
La compétition débute sur le bull riding. Les bœufs sont déchaînés, et bien décidés à désarçonner sans ménagement les cavaliers. Certains tentent même de sortir des box où ils sont retenus en passant par dessus les murs. Peu de cowboys parviennent à tenir les 8 secondes nécessaire pour remporter l’épreuve, mais assez bizarrement, aucun blessé n’est à déplorer, malgré quelques coups de sabot bien placés. Après les bœufs, c’est au tour des chevaux d’essayer d’envoyer valser leur cavalier, avec plus ou moins de succès.

Entre chaque participant, le Monsieur Loyal, épaulé par un clown dans un tonneau se donnent du mal pour divertir la foule, à base de plaisanteries sur les cowboys en dehors du New Jersey, sur la campagne d’Obama, et sur d’autres sujets divers et variés…Une performance admirable, car à n’en pas douter, il n’est pas toujours facile de garder le sens de l’humour quand un bœuf de plusieurs centaines de kilos décide de vous charger.
Vient ensuite le steerwrestling. Le cavalier saute de son cheval en attrapant par les cornes un veau lancé à toute allure. Exercice plutôt physique, car en tentant d’arrêter un animal aussi massif, il n’est pas rare de se faire trainer sur une dizaine de mètres. Et pour finir, il faut réussir à coucher le veau par terre, s’opposant ainsi à l’instinct naturel de l’animal qui, lui, appréciait fortement sa position verticale. A l’issu du rodeo, je peux maintenant vous dire que la meilleure technique pour réussir ce challenge semble de faire complètement décoller le bovin, et de le retourner quand il ne touche plus le sol. Avis aux amateurs…

Place ensuite au calf roping. Il s’agit cette fois-ci pour le cavalier d’attraper au lasso une vachette par le cou afin de l’immobiliser, puis de descendre de cheval pour venir lier entre elles les pattes de l’animal, hagard. Cette épreuve s’avère moins dangereuse pour le cavalier que pour la bête, celle-ci étant stoppée nette par la corde, ce qui peut même aller jusqu’à lui faire faire un saut très périlleux.

L’exercice suivant est le team roping, qui consiste en du calf roping à deux, et où les vachettes sont remplacées par de plus gros bœufs. Nous rappelons aux spectateurs affamés que de nombreux hot-dogs, ou autres nachos sont disponibles aux stands. Pensez aussi à acheter votre lasso souvenir! Mais reprenons…

Mais le rodéo n’est pas uniquement un univers de testostérone. Les femmes aussi ont droit de galoper dans l’arène, pour participer au barrel racing, où elles devront slalomer le plus rapidement possible entre 3 barils disposés dans l’enclos. Moins dangereux que les précédentes épreuves, le barrel racing semble cependant très technique, et faire tomber un baril induit une lourde pénalité au niveau du temps.

La compétition se terminera sur un supplément de bull-riding, auquel participent notamment de jeunes adolescents en quête de gloire. Le show aura duré 2h30, et aura été vraiment très plaisant. Et ne croyez pas que l’attraction est là pour les touristes. C’est au contraire les locaux, les habitués, allant de l’amish au biker, qui se retrouvent régulièrement pour assister à ces épreuves de rodeo entre le printemps et l’automne. Rappelons que le rodeo est le sport officiel des états du Texas et du Wyoming.
